L’histoire de « La Voie Sacrée »…

La route départementale reliant Bar-le-Duc à Verdun

Le 21 février 1916, au début de la bataille de Verdun, cette modeste route départementale boueuse et cahoteuse est, avec un petit train à voie étroite « le Meusien », l’unique accès au front. La capacité de résistance des Poilus, engagés dans la fournaise des combats, dépend directement de l’acheminement en hommes, matériels et munitions. C’est sur cette voie, longue de 56 km, que se décide l’issue de la bataille. Rapidement adaptée aux besoins, elle devient l’artère vitale de l’armée française. Les incessants bombardements ennemis, l’intensité du trafic et les conditions météorologiques dégradent en permanence ce cordon ombilical. Il faut à tout prix y maintenir la circulation, rien ne doit l’interrompre. Pour conserver la route en état, les territoriaux jettent, inlassablement et directement sous les roues des véhicules, la pierraille extraite des carrières ouvertes dans la région. 700 000 tonnes seront utilisées. Les chauffeurs conduisent 18 heures par jour, avec comme seul repos quelques heures de sommeil au fond de leur camion.

verdun-04
verdun-05

La route et les hommes doivent tenir. Ils vont tenir !

La bataille dure 10 mois. Le ravitaillement du front est vital, il sera ininterrompu. Roulant inlassablement jour et nuit, chaque semaine 9 000 véhicules transportent en moyenne 90 000 hommes et 50 000 tonnes de matériel. Pendant les mois de mars à juin 1916, le trafic mensuel est estimé à 500 000 tonnes et 400 000 hommes sans compter les 200 000 blessés évacués par les services sanitaires. Qu’une seule et unique route ait pu transporter dans des conditions extrêmes tant d’hommes et de matériel pendant une si longue durée prouve la détermination qui anime les Poilus à ce moment crucial de la Grande Guerre. D’abord appelée « la Route », c’est Maurice Barrès qui évoqua le nom de « Voie Sacrée » en la comparant à la Via Sacra de la Rome antique qui menait au triomphe. Si ce nom est entré dans la postérité, il faudra attendre l’arrêté n°55 du 15 février 2007 pour que cet axe mythique, jalonné par ses bornes coiffées du casque Adrian, s’appelle officiellement « Voie Sacrée nationale ».

« Qui n’a pas fait Verdun n’a pas fait la guerre. »

De toutes les batailles de 1914-1918, celle de Verdun reste profondément ancrée dans la mémoire collective et si, pour les Français, elle est « la » bataille, le rôle de la Voie Sacrée y a été déterminant. Elle reste un témoin vivant de ce terrible affrontement qui coûta la vie à 143 000 Allemands et 163 000 Français.

Les 9 médaillés olympiques français tombés pendant les combats de 1914-1918

Les 429 champions français répertoriés morts au champ d’honneur 

Les 141 champions étrangers tombés pendant les combats de 1914-1918

Le Raid de la Voie Sacrée Verdun-Paris

 

En participant à ce raid, vous allez traverser des terres chargées d’histoire. Sachez qu’en tant que sportifs, vous êtes les héritiers directs des Poilus, car, paradoxalement, c’est pendant ce conflit que le sport français a pris son envol. Aussi, votre engagement dans cette épreuve est un hommage aux soldats de la Grande Guerre.

Ne l’oubliez pas, ne les oubliez pas.

 

Bonne course à tous !